DONNE N°12

 

 

L’impasse indirecte

 

 

 

Contrat : 4              Entame : Dame de Pique

 

 

A42

 

 

 

 

D1063

 

 

 

 

R54

 

 

 

 

D82

 

 

DV1053

 

N

 

W

 

E

 

S

 

R87

V4

87

1076

V982

R94

V1076

 

 

96

 

 

 

 

AR952

 

 

 

 

AD3

 

 

 

 

A53

 

 

 

 

Les enchères :

 

Sud ouvre et Nord lui transmet : (3 – 4 – 3 – 3) et 11 points H.

Sud fait son bilan : 17 points H + 1 + 1 pour le neuvième Cœur, soit un total de 30 points DH en ligne. Donc, 5 .

 

Vos élèves maintenant rodés au compte des perdantes ne tarderont pas à en identifier trois (31)…

 

Il est vraisemblable que ce contrat sera le plus souvent chuté. Quand vous leur demanderez comment ils ont manié les Trèfles, nombre de vos ouailles vous répondront qu’ils sont partis de la Dame «pour faire l’impasse au Roi…».

 

Il faudra leur montrer que c’était totalement illusoire de jouer ainsi parce qu’il manquait la condition nécessaire à cette impasse : le Valet dans une des deux mains, du mort ou du déclarant.

 

On les amènera ainsi à la solution de ce mini-problème : espérer que le Roi est à gauche et jouer en conséquence, c’est à dire partir du 3 vers la Dame et mettre celle-ci si on n’a pas vu le Roi en Ouest. On réexpliquera que l’on agit exactement comme pour une impasse, à savoir un pari à 50 % sur la place du Roi.

 

C’est ce qu’on appelle l’impasse «indirecte» dont le principe est le suivant (32) :

 

 

Avec A x x en face de D x x, il faut jouer une petite carte vers la Dame et espérer que le Roi est placé avant elle. Si le premier adversaire ne met pas le Roi, on «passera» la Dame. On aura ainsi réussi une «impasse indirecte».

 

 

 

Revenez maintenant à la position des Trèfles, et demandez ce qui se serait passé si Est avait possédé le Roi de Trèfle et que Sud joue la Dame.

 

 

Montrez qu’Est a toujours intérêt à mettre le Roi et expliquez, pour la défense, le principe : honneur sur honneur. Montrez les deux cas :

 

a)      On est avant le mort où il y a un honneur supérieur : «obéir» en mettant l’honneur manquant (33) et faire devinez pourquoi. Pour les mettre sur la voie, rappelez que le bridge est un jeu d’équipe s’ils mettent trop de temps à trouver la bonne réponse et concluez ainsi : «je ne sais pas ce que possède le déclarant, mais je sais qu’il va toujours faire l’impasse. Je sacrifie donc mon honneur en espérant que mon partenaire gagnera une levée».

 

Reprenez la démonstration avec cet exemple de «refus d’obéissance» et faites-leur voir que le 10 du partenaire est «stérilisé» si on refuse de monter sur la Dame du déclarant :

 

 

A V 2

 

R 9 3

 

10 8 7

 

D 5 3

 

 

b)      On est après le mort où il y a :

 

-         un honneur isolé que joue le déclarant. Si vous avez l’honneur juste au-dessus, mettez le car il est «mort» de toute façon (c’est le cas de a.).

 

-         une séquence : refusez d’obéir, c’est inutile et ce serait catastrophique dans ce type de situation.

 

-           

 

D V 10 5

 

 

 

R 3 2 (vous)

 

9 8 7 6 4

 

 

 

 

 

3. LES CONSEILS DU JOUR

 

31.- Certains d’entre eux sauront même distinguer les perdantes inévitables (celle à Pique) des perdantes transformables (à Trèfle).

 

32.- Représentez-leur bien que c’est une sorte d’impasse «à l’envers», mais surtout que c’est la seule manière de jouer quand il manque les honneurs inférieurs dans la ligne. Partir de la Dame et espérer que l’adversaire ne mettra pas le Roi (s’il l’a…) revient à le prendre pour un imbécile !

 

33.- Faites la démonstration au tableau, toujours avec les cartes sur la table. Les élèves doivent «matérialiser» votre explication en jouant les cartes que vous annoncez.