DONNE N°8

 

 

La défausse immédiate d'une perdante

 

 

 

Contrat : 4              Entame : Roi de Pique

 

 

 

A83

 

 

 

 

D632

 

 

 

 

AD5

 

 

 

 

V54

 

 

RD10 4

 

N

 

W

 

E

 

S

 

9752

9

A4

10 943

V862

R982

A76

 

 

V6

 

 

 

 

RV10 875

 

 

 

 

R7

 

 

 

 

D10 3

 

 

 

Les enchères :

 

Sud : "je passe", Nord : "j'ouvre".

Sud transmet par écrit : (2 - 6 - 2 - 3) et 10 points H.

 

Nord voit le fit dixième à Cœur (= 2 points de bonus) + 13 H + 2 points D en Sud, soit un total de 27 DH. Il demande donc 4 c et les fait jouer à son partenaire qui a la main longue à l'atout.

 

Il est à peu près sûr que le déclarant chutera parce qu'il n'aura pas pensé à ses perdantes. Il sait déjà qu'il faut faire tomber les atouts "toutes affaires cessantes" et "payer" une levée à Pique ne lui semblera pas lourd de conséquences. Après les atouts il s'attaquera aux Carreaux et défaussera bien un Trèfle, ce n'est qu'à ce moment-là qu'il constatera les dégâts...

 

Il est probable que la majorité de vos élèves ne verra pas comment il fallait gagner ce contrat parce qu'ils n'ont pas encore la notion de cartes perdantes...

 

On va se servir de cette donne pour la leur faire acquérir exhaustivement et définitivement de la façon suivante :

 

Posez ces deux questions :

 

            1 : "A Sans-Atout, que compte-t-on avant de commencer à jouer ?"

 

            2 : "Pourquoi peut-on parler de levées sûres ?"

 

A partir de la réponse : "parce que l'adversaire ne peut pas nous empêcher de les faire", poser la question : "pourquoi ?". Il y aura ici un flottement avant que n'arrive la bonne réponse :"parce qu'il ne peut pas couper puisqu'il n'y a pas d'atout".

 

"Embrayer" maintenant sur les contrats à l'atout et expliquer que, puisqu'il y a maintenant un atout, on va faire le contraire. On va faire le compte des levées que l'on doit perdre et s'arranger pour que ce nombre ne dépasse pas celui permis par le contrat.

 

 Revenir à la donne ci-dessus et faire compter les perdantes de la main : une à Pique (36), une à Cœur, zéro à Carreau (37) et deux à Trèfle (38), soit quatre, c'est-à-dire une de trop...

 

Poser le problème en ces termes : "Si je veux gagner mon contrat, il faut qu'à la fin, une de ces perdantes ait disparu ..."

 

Et voici arrivé le plus difficile : comment y parvenir ?

 

Les laisser réfléchir... Les mettre sur la voie au bout d'un moment en les invitant à regarder les Carreaux. Faire constater qu'il y a les trois cartes maîtresses dans la ligne et seulement deux cartes en Sud, il est probable qu'à ce stade le fort en thème du groupe découvrira qu'une perdante peut partir sur la Dame de Carreau. On demandera innocemment : "Quelle perdante ?" et sur une éventuelle réponse "Trèfle", on répondra : "ça ne servira à rien... Pourquoi ?"

On félicitera ceux qui diront qu'il restera toujours deux cartes perdantes "tandis que la perdante Pique, elle, peut s'en aller".

 

On terminera la démonstration en demandant quelle sera la carte que l'on jouera à la deuxième levée. On ne les "lâchera" pas tant qu'ils n'auront pas nommé le 5 de Carreau et on montrera à ceux qui seront perturbés par le fait que l'on ne commence pas par l'atout, que l'adversaire qui a l'As de Cœur va rejouer tout de suite Pique, soit qu'il a la Dame lui-même, soit parce qu'il la sait chez le partenaire.

 

On avancera enfin le principe du jour :

 

Faire disparaître une carte perdante est parfois plus urgent que de commencer par faire tomber les atouts adverses.

 

 

3. LES CONSEILS DU JOUR

 

31.- N'introduisez pas encore le mot "enchère".

 

32.- Expliquer la notion de vulnérabilité n'est peut-être pas si facile. Ne parlez pas de la partie libre mais servez-vous des étuis pour leur montrer les quatre cas de figure : Personne / NS / EO / Tous, en leur disant que chacun y passe à tour de rôle et que cette distinction est nécessaire car les pénalités à payer en cas de chute étant plus fortes quand on est vulnérable, on joue avec plus de prudence. Cette explication doit suffire pour l'instant.

 

33.- Faites deviner ce qu'est un chelem en leur disant "qu'il vaut une prime énorme"...

 

34.- Le tableau de marque suggéré a été fait volontairement de cette façon. Il a pour but d'empêcher des recherches trop longues ou de faire des calculs plus ou moins justes ("2 c + 3, ça fait combien ?..). Recommandez à vos élèves de le plastifier ou de le mettre dans un intercalaire.

 

35.- A propos des "nombre magiques", suggérez-leur de les passer au surligneur sur le tableau que vous leur avez donné. Proposez-leur aussi d'y ajouter un sixième nombre - le 13, nombre des cartes de la main - et de jouer ces chiffres au Loto !

 

36.- On demandera pourquoi il n'y a qu'une seule perdante à Pique dans la main, histoire de vérifier qu'ils ont assimilé la notion de carte perdante.

 

37.- On fera remarquer, afin de préparer la démonstration de tout à l'heure, qu'à Carreau on a trop de cartes maîtresses ...

 

38.- On demandera pourquoi il n'y a que deux perdantes seulement à Trèfle et on appréciera la réponse du style : "avec D V 10 dans la ligne, on est sûr de faire une levée quand l'As et le Roi sont tombés"..

 

39.- Il y a une erreur volontaire dans le nombre de cartes de la main de Sud (première donne du deuxième exercice). Encore et toujours, insistez sur l'attention, vertu première du bon bridgeur.